Carte postale à celle que j’étais avant de voyager

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu découvrir le monde.
Petite, je partais déjà en vadrouille avec mes parents, mon frère et ma sœur. On n’allait pas forcément à l’autre bout de la terre, mais il était essentiel pour mes parents que l’on puisse respirer un air différent de notre quotidien.

Pourtant, c’est surtout avec ma grand-mère maternelle que je parlais voyage et aventure. Elle me racontait ses périples, qu’ils soient professionnels ou personnels.
« Mamie, dis-moi dans quel pays tu es allée » : elle adorait me citer ces lieux visités seule, avec des amies, ou avec mon papi avant qu’il ne s’en aille. On imaginait parcourir le monde ensemble quand je serais grande, à la rencontre des autres. Elle était mon modèle.
Je me disais : « plus tard, j’aurai visité autant de pays que mamie ».

Aujourd’hui, à bientôt 28 ans, je ne conçois pas une année sans voyager, que ce soit à 30 km ou à 9 000 km de chez moi. J’aimerais dire à la Klélya de 8 ans de continuer à rêver, car elle a réussi : elle voyage et elle se sent enfin libre d’être elle-même quand elle part à l’aventure.

Et par-dessus tout, quand je voyage, je pense à ma grand-mère devenue une étoile.
Je sais que je voyage avec elle, et un peu pour elle.

Lettre à la mer des Caraïbes – ce que la Guadeloupe m’a appris

Chère Guadeloupe,
Tu m’as changée, sache-le. Tu es entrée dans mon cœur pour ne plus jamais en partir. Mais notre histoire remonte à bien plus loin, nichée dans mes racines : ma grand-mère paternelle était Guadeloupéenne. Depuis toute petite, cette île m’attire ; je voulais voir d’où je venais, comprendre son histoire et ses coutumes. J’ai un lien viscéral avec les îles en règle générale. C’est là-bas que je me sens chez moi. C’est sur les bancs de sable, dans l’eau au milieu des poissons ou au cœur de la forêt tropicale que je me sens enfin à ma place. C’est sûrement dans mes gènes, finalement.

Lorsque je suis venue te rendre visite pour la première fois avec ma famille en 2023, je l’ai senti dès l’atterrissage : j’étais arrivée à la maison. Il y a des sentiments qui ne trompent pas, je me sens « complète » quand je suis là-bas. Peut-être parce que je me sens plus proche de ma grand-mère, qui nous a quittés il y a 15 ans, ou peut-être parce que l’ambiance unique de l’île me ressemble.
J’y suis retournée deux ans après, avec la famille au complet cette fois. Même émotion, même certitude : j’étais de nouveau chez moi. En rencontrant une partie de ma famille restée vivre sur place, j’en apprends davantage sur mon histoire et mes origines.

Je te remercie, chère Guadeloupe, de m’avoir appris à prendre le temps, à vivre au plus près de la nature et à recevoir ce que l’île nous offre, tout en la respectant de mon mieux.

Les visages que je n’oublierai jamais en voyage

Il y a des visages que l’on n’oublie jamais, qui restent gravés dans nos mémoires : les sourires des locaux que l’on croise, d’un guide ou d’un commerçant avec qui l’on échange une brève conversation. Pourtant, ce ne sont pas de ces visages-là dont je veux vous parler. Non, je veux vous parler des visages familiers, ceux de mes proches avec qui je partage la route.

Leurs sourires à eux, quand nous découvrons une nouvelle activité, leurs éclats de rire qui s’invitent autour d’une table au restaurant, leur étonnement pur après avoir vu un requin-citron nager à leurs pieds… Et surtout, leur émerveillement lorsqu’ils réalisent qu’ils vivent des instants dont ils se souviendront toujours. Ce sont ces visages que je ne veux jamais oublier. Peut-être parce que ce sont ceux que l’on finit par moins voir au quotidien, lorsque nous sommes tous entraînés par les routines pesantes de la vie d’adulte.

À la fin du voyage, ce qui compte le plus, ce n’est pas d’avoir coché tous les lieux emblématiques d’une destination. Ce qui reste, c’est le souvenir du sourire des personnes avec qui nous avons partagé ces moments. On réapprend, enfin, à regarder ceux que l’on aime.

La ville où je me suis sentie enfin chez moi en étant pourtant loin

Édimbourg, Écosse.
Cette ville a commencé à me fasciner un peu du jour au lendemain, sans trop savoir pourquoi. Il y a quelques années, j’ai été attirée par cette cité, par ce pays. C’est arrivé rapidement, mais ce fut intense. Peut-être est-ce dû à certains romans que j’ai lus qui se déroulaient là-bas, à Harry Potter, à mon admiration pour l’histoire de la reine d’Écosse Mary Stuart ou bien grâce à la série Outlander.
Je me rends compte que l’Écosse a souvent été au milieu de mes sujets d’intérêt, mais plus comme un personnage secondaire avant de devenir, enfin, le personnage principal.
L’atmosphère qui y régnait attirait ma curiosité et il était nécessaire que j’y aille. L’ambiance mystique, singulière, l’histoire de ce pays avec tous ses châteaux (je suis fan de châteaux), une météo capricieuse…

Pour mes 25 ans, nous sommes partis en famille pendant une semaine pour un road trip écossais. Le premier jour, nous sommes arrivés à Édimbourg pour passer deux jours dans la capitale. On descend du bus qui nous dépose en plein centre-ville et, là, je l’ai senti : j’étais à ma place.

C’est marrant, car j’ai l’impression d’avoir deux personnalités. Je me sens chez moi sur les îles tropicales, sur une plage sous le soleil, mais également à Édimbourg, dans un pays réputé pour son temps maussade. Plus je découvrais la ville, plus je m’y sentais bien, comme si j’étais destinée à venir passer une partie de ma vie ici. C’est fou de ressentir ces sentiments pour un lieu inconnu, mais pourtant prêt à nous accueillir.

Mes hivers au bout du monde

Là où j’habite, on associe souvent l’hiver au froid, à la pluie, au ciel gris et aux journées moroses. La plupart des gens n’apprécient pas cette saison et attendent impatiemment le printemps. J’ai longtemps été ainsi, n’aimant l’hiver que pendant ma semaine annuelle au ski. Pourtant, c’est une saison qui peut être radicalement différente selon notre position sur le globe.

J’ai eu la chance de vivre des hivers singuliers aux quatre coins du monde. J’ai passé mon mois d’août 2019 à Melbourne, en Australie : un hiver frais, bien plus agréable qu’en France. En Égypte, au mois de février, on échappe aux canicules de juillet mais le soleil tape déjà fort. Le véritable hiver glacial, je l’ai découvert en Europe de l’Est, notamment en Autriche et en Pologne, sous une neige constante et par -15°C. Mais le plus dépaysant fut de passer Noël sous les tropiques, à l’Île Maurice. Se réveiller un 25 décembre pour aller à la plage sous les cocotiers est une expérience étonnante et si douce.

Chaque hiver est unique, qu’il soit brûlant ou gelé. C’est pour moi une période d’introspection où il faut prendre le temps de se retrouver, de penser et, pourquoi pas, d’hiberner ?